Intro nombreuses applications en physique (nucléaire principalement), en

Intro Nous sommes perpétuellement exposés à des ondes électromagnétiques de provenances très diverses : lignes à haute tension, téléphones portables, Wi-Fi font partie des principales sources. Mais cette surexposition représente-t-elle un danger pour la santé ? Le sujet fait souvent débat mais, en réalité, l’exposition aux champs électromagnétiques n’est pas nouvelle. Néanmoins, au cours du XXe siècle, l’exposition environnementale a grandement augmenté, notamment avec l’apparition du téléphone portable, du Wi-Fi et d’un grand nombre de nouvelles technologies. Pas de preuve (à reformuler) Centre international des recherches sur le cancer) a classé les champs électromagnétiques de radiofréquence dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’Homme (Groupe 2B).« Que sait-on des effets sanitaires des ondes électromagnétiques, en particulier en ce qui concerne les communications sans fil et les lignes à haute tension ? À ce jour, le bilan des données scientifiques ne justifie pas d’envisager une remise en cause des recommandations faites par la Commission internationale de protection contre les rayonnements non ionisants (ICNIRP). … Mais l’émotion est au cœur du débat et l’ensemble est trop souvent traité de façon pseudo-scientifique pour servir des thèses préétablies. Une méconnaissance du sujet, des raccourcis fâcheux, l’amalgame avec les risques du tabac ou de l’amiante sont fréquents et rendent discutable une bonne part de l’information fournie au public. » (Extraits de l’article d’Anne Perrin, « Ondes électromagnétiques : comment s’y retrouver dans l’information ? »). Dans le dossier que nous avons publié dans le n° 285 de Science et pseudo-sciences (SPS, avril-juin 2009), nous nous sommes efforcés de présenter clairement les informations scientifiques disponibles. Ce dossier sera complété ici en fonction de l’évolution des débats et des recherches. L’énergie des ondes électromagnétiques (ou plus précisément l’énergie des photons qui les composent pour être exact) augmente avec leur fréquence. Les ultraviolets (du moins une certaine partie d’entre eux), les rayons X et gamma sont des rayons ionisants, c’est à dire qu’ils modifient la matière qu’ils traversent et peuvent se révéler dangereux pour le vivant pour de longues expositions. Ils ont de nombreuses applications en physique (nucléaire principalement), en médecine ou même en drague l’été sur la plage (ce sont les ultraviolets qui vous permettent de bronzer).Mais il ne faut pas oublier la téléphonie, le Wi-fi, le Bluetooth, les fours micro-ondes, les radars et autres applications qui sont contenues dans la bande de fréquence s’étalant approximativement de 400MHz à quelques dizaines de GHz. Il s’agit ici d’applications considérées comme « hautes fréquences » ou hyperfréquences. Le but de tous ces signaux est de modifier le champ électromagnétique pour permettre la transmission d’information.Le premier élément à prendre en compte avant d’apporter un quelconque jugement sur les éventuels effets des ondes électromagnétiques sur la santé est qu’il est très difficile de mesurer un risque. Mais savez-vous d’abord ce qu’est un risque ? Pour le définir, nous userons d’une formule très simple :Risque = Danger * Probabilité d’exposition au dangerCertes, un alligator est un animal dangereux. Cependant, si vous allez au zoo, la vitre blindée qui vous sépare de l’animal rend le risque faible voire nul (vous avez très peu de chance d’être confronté à lui). Par contre, si vous tombez nez à nez avec un alligator lors d’un petit périple en Floride, là le risque est beaucoup plus grand, à danger identique. Vous saisissez ?Ainsi est-il facile de mesurer un risque en exposant directement un homme ou un animal aux ondes électromagnétiques, mais il est plus difficile de mesurer le risque réel encouru par un homme au cours de sa vie. D’autant plus d’ailleurs que notre mode de consommation et donc d’exposition diffère en fonction de notre métier, de notre environnement et de bien d’autres paramètres difficiles à prendre en compte.Quant au danger, s’il peut sembler facile à mesurer, on fait face à quelques limitations :la durée des études est actuellement courte (ces technologies sont, rappelons-le, relativement récentes);la technologie limite la précision des mesures effectuées sur les on ne peut pas éventrer un cobaye au nom de la scienceL’étude du danger inhérent aux ondes électromagnétiques a permis de déceler des seuils d’exposition à partir desquels des effets sanitaires font leur apparition. Des effets sanitaires ne sont pas synonymes d’effets léthals, mais simplement de conséquences observables liées à ces expositions.On peut ainsi définir des normes en dessous desquelles les constructeurs d’équipement électronique doivent se placer de manière à limiter le risque. A l’heure actuelle, les normes européennes imposent aux constructeurs de téléphones portables un DAS inférieux à 2W/kg. La moyenne étant aux alentours de 1W/kg pour les appareils récents (vous pouvez normalement accéder à cette information sur les spécifications techniques de l’appareil; il serait de 0,878 pour l’iPhone 3G).Pour citer l’Afsset (Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail) dans son rapport publié en octobre dernier, après l’étude de plusieurs centaines de publications scientifiques sur le sujet par une commission détachée sur ce problème :Dans les conditions expérimentales non thermiques testées, il n’existe pas un niveau de preuve suffisant pour conclure que les radiofréquences supérieures à 400 MHz :modifieraient les grandes fonctions cellulaires …provoqueraient des effets génotoxiques ou co-génotoxiques reproductibles à court ou à long terme et seraient mutagènes dans les tests de mutagénèse classiques ;provoqueraient chez l’animal l’augmentation d’incidence ou l’aggravation de cancers, en particulier pour des expositions chroniques. Les résultats convergent donc vers  une absence d’effet cancérogène ou co-cancérogène des radiofréquences pour des expositions non thermiques ;auraient des effets délétères sur le système nerveux, que ce soit en termes de  cognition et de bien-être, en termes d’intégrité de la barrière hémato-encéphalique ou en termes de fonctionnement cérébral général;…A ce stade, il n’existe pas un niveau de preuve suffisant pour conclure à l’excès de risque de cancers liés à l’exposition aux radiofréquences sur la base des études épidémiologiques disponibles. Des interrogations subsistent en particulier pour les risques à long terme. Elles doivent conduire à la mise en œuvre d’études de cohortes.’aucuns auront remarqué que la plupart de ces affirmations sont formulées à la négative et non à l’affirmative. En effet, en recherche expérimentale, il est impossible d’affirmer l’absence de toute conséquence, on peut simplement se permettre d’affirmer l’absence de preuves menant à cette conséquence : ce n’est pas parce que l’on n’a jamais observé un phénomène qu’il n’existe pas, seulement, plus ce phénomène est rare, plus il est probable qu’il n’existe pas, sans toute fois qu’on en soit certain. C’est d’ailleurs sur ce point directement lié à la rigueur scientifique que jouent les détracteurs.Globalement, selon le Pr Veyret, le taux d’exposition aux ondes électromagnétiques est actuellement entre 1 000 et 10 000 fois inférieur aux normes sanitaires en vigueur, elles même largement inférieures aux seuils correspondant à la détection d’effets notoires sur le vivant. Ainsi, même avec la démultiplication des sources de rayonnement électromagnétique, le risque reste actuellement très faible.De plus, le professeur a déclaré que les seuls effets actuellement constatés sur l’homme ont été mesurés lors du sommeil suivant immédiatement une longue exposition directe (une conversation téléphonique par exemple). On a constaté une légère modification de l’électro-encéphalogramme du sujet, visible uniquement avec du matériel de pointe et sans effet notable sur la santé.Nous sommes perpétuellement exposés à des ondes électromagnétiques de provenances très diverses : lignes à haute tension, téléphones portables, Wi-Fi font partie des principales sources. Mais cette surexposition représente-t-elle un danger pour la santé ? Dans le cadre de sa série de vidéos Questions d’experts, sur la physique et l’astrophysique, l’éditeur De Boeck a interrogé Olivier Pujol, maître de conférences à l’université de Lille, sur cette possibilité.Le sujet fait souvent débat mais, en réalité, l’exposition aux champs électromagnétiques n’est pas nouvelle. Néanmoins, au cours du XXe siècle, l’exposition environnementale a grandement augmenté, notamment avec l’apparition du téléphone portable, du Wi-Fi et d’un grand nombre de nouvelles technologies. Au cours des trente dernières années, plus de 20.000 articles concernant les effets biologiques des rayonnements non ionisants ont été publiés et, selon l’OMS, bien que parfois contradictoires, les données actuelles ne semblent pas confirmer un risque sanitaire. On peut cependant, dans le cas du téléphone portable, appliquer le principe de précautionpuisque le CIRC (Centre international des recherches sur le cancer) a classé les champs électromagnétiques de radiofréquence dans la catégorie des cancérogènes possibles pour l’Homme (Groupe 2B).