Mustapha des récits, de moments intenses et parfois

Mustapha Lotfi al-Manfaloûti, considéré comme l’un
des premiers romanciers égyptiens, faisait vivre ses personnages dans un
univers mélodramique marqué par la présence des récits, de moments intenses et
parfois de tournures linguistiques inspirées des Maqamates.

         Cependant, al-Manfaloûti, tout
étant obstiné contre l’occident, a été séduit par sa littérature : il
traduisait des œuvres françaises entières alors qu’il ignorait la langue
française.

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          Il se faisait traduire ces œuvres par
un ami ou profitait des traductions déjà existantes pour le mettre en admirable
langage.

         Donc, nous sommes en présence d’un
traducteur qui néglige complètement le français, d’une culture limitée, aussi
en un décalage entre la littérature française de l’extrême modernité et la
littérature arabe, il ya évidemment un décalage sur lequel nous réfléchissons.

         De ce fait, sa conception, une
condition indispensable pour mieux traduire une œuvre littéraire, est restée
insuffisante.

         Paul
Chaoul (écrivain libanais), avait coutume de dire que” derrière chaque
grand auteur arabe, il ya un français”.  

        Nous pensons, qu’il exagère bien sûr, nous
avons nos traditions, nous avons notre mouvement ; mais il est sûr que
nous continuons à nous en inspirer, à avoir des relations avec eux, mais nous
ne sommes pas forcément sur le même diapason. C’est une bonne chose, car nous
sommes deux civilisations différentes.

            Nous avons dépassé l’époque où al-Manfaloûti
écrivait « Paul et Virginie » demandant à sa fille de
lui traduire le texte original, ce qui justifie sa négligence de la langue
française.

           En effet, la traduction est avant tout un acte
de communication qui exige une maîtrise de la langue, et chaque langue est un
vaste système de structures par lesquelles l’individu non seulement
communiquer, mais aussi construit sa façon de raisonner, de voir le monde.

           Les diversités de langues ou plutôt des
langues-cultures dégagent la problématique de la traduction et maintiennent les
difficultés de transfert de sens, qui même bien saisies en langue de départ, visent
un support langagier capable d’assurer sa fidélité en langue-cible.

          Traduire, dans ce cas, revient alors à
dépasser la simple maîtrise des deux langues, le français et l’arabe et la
connaissance des visions du monde qui y sont attachées, pour procéder à la
transposition d’un produit littéraire complexe avec ses particularités, à
l’intérieur du projet global qui les projette dans le texte.

           La
traduction doit tenir compte du travail effectué sur la langue sans perdre de
vue le but littéraire qui le sous-tend, qui n’est pas seulement de parler de
quelque chose ou de raconter des histoires, mais surtout de faire parler
« ce quelque chose dont parle la littérature en parlant du langage »1.
al-Manfaloûti a traduit deux romans et deux pièces
théâtrales, et il a égyptianisé deux petits récits issus d’al-Abarat de Chateaubriand.

                  L’objectif de tout acte
traductionnel est de porter le sens d’une langue à une autre. Il s’agit donc,
de repérer dans la langue d’arrivée les structures et les rapports syntaxiques
afin de communiquer le message obstiné.

           Ainsi, la traduction est le résultat d’un
besoin de communication. Et tandis que nous ne pouvons nullement transmettre
quoique ce soit avant d’avoir conçus quelque chose, tout acte de traduction est
certainement anticipé par un acte d’interprétation qui tente de saisir le
vouloir dire de l’auteur du texte-source.

 

1.      Théories
et pratiques de la traduction, p.230.

           Or, le traducteur intervient premièrement
comme lecteur tentant de concevoir, ensuite comme rédacteur attirant de faire
interpréter.

           De ce fait, la tâche du traducteur
ne serait pas de transmettre une langue vers une autre.

           Nous pouvons dire que l’activité de
pilote du sens, ou de l’information, est durement discutée par Henri Meschonnic :

 « La
représentation régnante est l’informationnisme : elle réduit la traduction
à un pur moyen d’information. Du coup la littérature toute entière est réduite
à de l’information : une information sur le contenu des livres. Le
traducteur est représenté comme un passeur. On ne voit pas, il me semble, qu’on
retire par là sa spécificité à la chose littéraire. C’est une délittérarisation
… Passeur est une métaphore complaisante. Ce qui importe n’est pas de faire
passer. Mais dans quel état arrive ce qu’on a transporté de l’autre côté dans
l’autre langue »2.

            Il en résulte que le traducteur ne
doit pas seulement maîtriser les deux systèmes de signes en question mais aussi
le sujet à traduire, il doit maîtriser l’arabe et le français comme le cas ici
d’al-Manfaloûti ; en étant au
courant d’au moins de quelques concepts de bases.  

             Ainsi, la langue
considérée ne sera qu’un moyen d’exposer les procédés et les idées. « Lorsque l’enfant apprend à parler, la
signification première qu’il attache aux mots est le premier savoir abstrait
qu’il acquiert des choses. Tant que sa connaissance des choses et des notions
se recoupe entièrement avec la signification des mots, son savoir reste très
limité. Mais plus il lit, plus il vit, et plus la signification qu’il attache
aux choses s’enrichit par rapport à celle qu’il associe au début à leur
appellation ; il 

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